Les mimosas de Moïse Kisling

Dans l’œuvre du peintre Moïse Kisling (1891-1953), le bouquet de mimosa revient comme un thème récurrent. Des années 1920 jusqu’à la fin de sa vie, il s’emploie ainsi à capturer ce jaune vif si particulier sur ses toiles, comme une construction patiente, presque méditative.

Bien au-delà de la simple représentation botanique de ce qu’il peut admirer dans son jardin de Sanary-sur-Mer, Kisling se livre à un jeu de lumière et de texture. Chaque petite boule jaune est traitée avec des empâtements et des touches de couleur précises, créant un relief subtil et vibrant.

« Les mimosas étaient les fleurs qui donnaient le plus de travail à mon père. Il peignait chaque boule une à une, en faisant tourner rapidement son pinceau généreusement enduit de couleur. À la fin du mouvement, il reculait prestement la main, ce qui formait une petite pointe, un très bas relief. »
Jean Kisling in Centenaire Kisling, cat. exp. Galerie Daniel Malingue, Paris : 1991, n. p.

Des cimaises au jardin…

En ce mois de février, le grand mimosa du Jardin des Plantes de Paris (Acacia dealbata) est en pleine floraison, un spectacle somptueux et parfumé que je guette chaque année.

Il illumine le jardin botanique de ses pompons duveteux jaunes, offrant aux promeneurs une expérience sensorielle similaire à celle que le peintre cherchait à transmettre sur sa toile.

Moïse Kisling a rendu le mimosa éternel avec une puissance incomparable, fixant sur la toile un jaune éclatant et sculptural qui traverse le temps et les saisons. Au Jardin des Plantes, le mimosa parisien, lui, reste soumis à la pluie, au vent, à l’éphémère du vivant.

Mes cartes s’inscrivent ailleurs. Sans prétendre rivaliser avec la peinture, elles proposent un prolongement modeste et quotidien de cette lumière : un mimosa que l’on peut s’offrir, envoyer, conserver, quand celui du jardin a déjà disparu.

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