C’est le jour de la citrouille !
Au printemps dernier, j’ai visité une très belle exposition consacrée à Jean Hélion au Musée d’art moderne de Paris.
J’y ai été frappée par la récurrence du motif de la citrouille et je vous propose une flânerie sur ce thème à travers mes photos.
En 1948, Hélion peint deux grandes toiles dont elle constitue le sujet principal, Nature morte à la citrouille :

Et La Belle Étrusque (le porteur de citrouille) :

Il en parle avec lyrisme dans ses Carnets :
« Un objet de mon passé est revenu avec une riche violence : la citrouille (…)
À présent tout le sens charnel, la lourdeur éclatante, le soleil couchant, la chair couchée, le ventre ouvert, l’or ruisselant de ce légume vulgaire, et de pauvre, m’éblouit. » (5 avril 1948)
C’est donc un symbole dionysiaque ; une « énorme boule d’or et de feu, et son enfer caverneux, soyeux et tentaculaire », écrit-il le 1er décembre 1952, l’année de Citrouillerie :

Quand il représentera son atelier en 1953, il lui laissera une place de choix :

J’aime aussi la composition de La Citrouille et son reflet (1958) :

Ledit reflet semble un tableau, une vanité, comme dans ce Quatuor (1958-1959) :

« La citrouille est un éclat de rire.
Fendue : tout ce qu’on voudra. » (28 novembre 1973)
C’est ainsi qu’il la représente encore en 1972, en pastel cette fois :

À la fin de sa vie, en 1982, alors que, devenu presque aveugle, il cessera de peindre l’année suivante, il place encore une citrouille ouverte au premier plan de L’Instant d’après :

Ultime éclat de rire ?
J’aimerais le croire pour celui qui affirmait :
« Peindre, c’est remettre en telle place les sensations, les émotions, les idées que la force du monde les anime. » (4 mars 1957)
Quelques citrouilles et ce bel orange vif du rouge de Saturne pour lui rendre hommage et vous engager à lire ses passionnants Carnets :
