Fûrin (風鈴) désigne le carillon japonais.

Ce mot est composé de deux kanjis qui signifient « vent » et « cloche ».
On accroche souvent un tanzaku (短冊) au battant de la clochette. Il s’agit d’une bande de papier sur laquelle on a écrit un poème ou un vœu.
À l’origine, il a pour fonction de chasser les mauvais esprits et même de prévenir de l’arrivée de « vents chargés en maladies ».
Fabriqué en bronze, il demeure l’apanage des familles de nobles et de samouraïs avant que l’art du soufflage du verre ne le démocratise au XVIIIe siècle. C’est pourquoi on le retrouve ensuite sur les estampes, comme chez Kunisada :


S’il s’agit là de Tsukimi, la fête qui célèbre l’entrée de l’automne au Japon, on accroche plutôt des fûrin lors de la saison estivale, d’où les kimonos légers et l’éventail chez Eishôsai Chôki et Kuniyoshi :


Ainsi, pour illustrer le mois de juillet, Kuniyoshi représente une véranda dans laquelle est suspendue une très grande cloche à vent, peinte de petits poissons et décorée de glands multicolores :

De nos jours, le fûrin a l’honneur de quelques festivals d’été, par exemple au temple d’Hikawa (Saitama) ou à celui d’Ofusa Kannon (Nara), avec des centaines de clochettes colorées.

En août 2023, le record de 10 000 carillons a même été enregistré à Iijima (Nagano).
Laissons donc s’envoler des feuilles de ginkgo au tintement léger du fûrin !

Sources :
« Fūrin » – fiche Wikipédia
« Fūrin, le carillon japonais, accessoire emblématique de l’été »