Motif kai-awase

Kai-awase (貝合わせ) signifie littéralement « assembler des coquillages ».

C’est le nom d’un jeu traditionnel datant de l’époque de Heian (794-1185).

Les coquilles de palourdes sont conservées dans une boîte appelée kai-oke (貝桶) et séparées en deux piles, les ji-gai (地貝, coquillages face cachée) et les dashi-gai (出貝, coquillages face visible). Le gagnant est celui qui réunit le plus grand nombre de paires.

L’intérieur des coquillages était peint, orné de dessins ou de vers de poèmes japonais.

Dans sa forme la plus élaborée, le kai-awase se jouait avec 360 coquilles appariées.

Seules les deux moitiés d’une coquille pouvant être parfaitement assorties, le jeu est devenu un symbole de l’harmonie conjugale et faisait souvent partie du trousseau des jeunes filles.

Depuis le début de la période Edo (1603-1868), on peint souvent des scènes tirées du Dit du Genji, comme on le voit ici avec un jeu du XVIIIe siècle :

C’est également le cas pour cette belle estampe de Chôbunsai Eishi :

On y voit le poète Kisen Hoshi en courtisane, avec un coquillage qui évoque un chapitre où Kaoru rend visite à la princesse Ôijimi à Uji.

Les grands maîtres de l’estampe du temps d’Edo ont aimé représenter des scènes de jeu, à l’instar d’Utamaro et Kunisada :

Le jeu est encore populaire vers 1915, quand Ikeda Shôen nous montre ces fillettes :

Un motif récurrent

Les palourdes se font même motifs sur ce kimono de Hishikawa Moronobu (vers 1690) :

Cette ceinture obi de cérémonie du XVIIIe siècle y associe de superbes kai-oke :

On en retrouve également sur les surimono, ces luxueuses estampes offertes à l’occasion de la Nouvelle Année ou de célébrations particulières :

Offrez donc ce motif de bon augure !

Sources :

Kai-awase – fiche Wikipédia en anglais

“The Perfect Pair: Shell-Matching Game Sets”

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