Fin novembre dernier, au Jardin du Luxembourg, j’ai ramassé quelques ovules de ginkgo tombés au sol :


Je les ai choisis à dessein dans une allée où alternent des arbres mâles et des arbres femelles :

Je les ai choisis à dessein dans une allée où alternent des arbres mâles et des arbres femelles :
Le Ginkgo biloba est en effet un arbre dioïque : les individus mâles et femelles sont distincts. Dans un tel voisinage, les chances sont plus grandes que les ovules aient été fécondés.
Je les ai glissés dans un sac plastique, précaution nécessaire face à leur redoutable odeur, souvenir olfactif tenace pour qui l’a déjà sentie !
Une fois chez moi, je les ai plantés.
Geste simple, presque naïf, porté par l’espoir d’une possible germination. Rien ne garantissait le succès. Il fallait du temps, de la patience, et accepter l’éventualité de l’échec.
Fin décembre, comme un cadeau de Noël inattendu, j’ai aperçu une première pousse. Une tige fine, fragile en apparence, mais résolue. Puis une deuxième :


Aujourd’hui, de toutes petites feuilles se déploient. Encore timides, mais déjà si reconnaissables. De minuscules éventails verts, répliques miniatures de ceux que l’on admire à l’automne, lorsque les ginkgos embrasent le Luxembourg de leur or vif :

Le ginkgo est un arbre très ancien. Travailler avec ses feuilles, c’est accepter le temps long, l’inachèvement, la métamorphose.
Mes cartes buissonnières naissent de cette lenteur : des feuilles ramassées à l’automne, mises à sécher dans des journaux, peintes à l’acrylique, puis déposées sur de beaux papiers, dans un dialogue toujours recommencé entre plante, couleur et support.
