Les Soleils de Françoise Pétrovitch

Présentée du 9 avril au 14 septembre 2025 dans le cadre des « Dialogues inattendus » du musée Marmottan Monet, l’exposition Morisot/Pétrovitch. Soleil proposait une rencontre singulière entre deux femmes peintres à plus d’un siècle de distance.

Pour ce dialogue, Françoise Pétrovitch a choisi de partir d’une œuvre de Berthe Morisot conservée à Marmottan et intitulée Roses trémières :

Il se trouve que j’ai un rapport ému à ce tableau dont une reproduction en poster ornait ma chambre d’étudiante.

Le jardin ne s’y donne pas comme une composition parfaitement ordonnée. Une rangée de roses trémières le long d’une barrière, une table, une chaise, un arrosoir apparaissent de façon partielle et décentrée. Le regard circule dans l’image plutôt qu’il ne se fixe sur un sujet unique. Françoise Pétrovitch s’est intéressée à cette manière de laisser entrer le vivant dans la peinture, sans chercher à tout contrôler, et a choisi, comme elle l’explique sur son site, « une manière d’étendre le paysage de Roses trémières au-delà du cadre qui lui est donné ».

Pourtant, elle n’a pas adopté la rose trémière, mais une autre fleur : le tournesol. Elle avait déjà représenté ce motif auparavant, mais l’invitation de Marmottan l’a conduite à développer une nouvelle série, peinte en un été.

Ses Soleils attirent d’abord par leur taille imposante :

© Aurélien Mole / Semiose Galerie

On y trouve beaucoup de jaune, bien sûr, mais également des touches violettes et des tons sourds, des zones qui s’effacent. Certaines fleurs accusent le passage du temps et se flétrissent déjà.

Le tournesol offre alors une forme de méditation sur le regard et le vivant, mais aussi sur le temps qui passe. Éclatant lorsqu’il se tourne vers la lumière, il finit par se courber peu à peu sous le poids de son cœur chargé de graines.

Regarder les dessins de Françoise Pétrovitch, c’est faire l’expérience d’un temps ralenti, où le végétal semble nous rappeler que toute lumière est fragile et que toute floraison contient déjà la possibilité du déclin.

En ce jour du tournesol dans le calendrier républicain, j’ai souhaité rendre hommage à cette peinture de la suspension en travaillant avec un superbe papier italien imprimé de grands soleils :

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